Les origines du handpan: Le Hang de PANArt

Alors comme ça, le handpan a croisé votre chemin et cette expérience ne vous a pas laissé indifférent? Vous êtes au bon endroit! Je suis moi aussi tombé sous le charme de cet instrument au début des années 2000 mais à l'époque le mot « handpan » n'existait pas. Je vous invite à découvrir les origines du handpan, une histoire devenue légende: le Hang. 

 

C'est à Felix Rohner et à Sabina Schärer que l'on doit l'invention du Hang. Sous le nom d'entreprise PANArt, le couple Suisse fabriquait déjà le steel-drum, un instrument d'orchestre des caraïbes qui avait fait fureur dans les années 1970 à travers l'Europe. PANArt avait notamment développé un alliage d'acier nitruré appelé « Pang » aux propriétés prometteuses. Ce matériau jouera un rôle important dans l'invention du Hang dont le son intimiste et crystallin se distingue nettement de celui du steel-drum plutôt festif et bruyant.

 

Au fond, le Hang est né d'une idée simple: et si l'on pouvait jouer du steel-drum avec ses mains? Et si l'on pouvait ressentir cette même proximité avec la tôle d'acier que l'on ressent avec d'autres instruments de percussions en peau, terre cuite, etc...? L'élément déclencheur qui fut la source d'inspiration première du Hang est le Ghatam, une poterie utilisée comme accompagnement rythmique dans la musique Indienne. C'est de cette rencontre entre le steel-drum et le Ghatam qu'est née l'idée du Hang (et que PANArt a ainsi ouvert la voie vers le handpan).

 

Le premier prototype du Hang consistait en un steel-drum à l'envers. La tôle d'acier était non plus concave mais désormais convexe (d'ailleurs le mot « Hang » dispose d'une double-signification, la fois « main » et  « colline » en référence à la forme de l'instrument). Ce prototype qui au début était bien trop volumineux pour pouvoir en jouer sur les genoux, PANArt le modifiera progressivement avant de s'arrêter en l'an 2000 sur la fameuse forme du Hang que nous connaissons aujourd'hui.

 

 

Le Hang connaîtra plusieurs évolutions dites « générations ». La première génération (2000-2005) du Hang était disponible dans plus de 45 gammes aux couleurs musicales diverses. Du Moyen-Orient à l'Europe centrale, des mélodies Africaines au blues Américain, ces premiers Hanghang (pluriel de Hang) furent les plus typés. Le dôme (appelé le « Ding ») était poli pour refléter les étoiles et l'on comptait 8 notes tout autour, réparties en zig-zag. La deuxième génération (2006-2007) n'était seulement disponible que dans une dizaine de gammes sans noms et accordée selon les désirs de l'artisan. On ne comptait désormais plus que 7 notes autour du cercle. En 2008, PANArt décide de se concentrer sur une seule et même gamme qu'ils pensent être l'expression intégrale du Hang...

 

Mais ça ne s'arrête pas là... Les inventeurs Suisses iront encore plus loin en ne plus accordant l'instrument selon la norme occidentale (où la note du La4 est accordée à 440 Hz) mais en l'accordant en fonction de lui-même... Cette dernière génération du Hang dite « Free Integral Hang » se libère complètement de l'institutionnalisation de la musique contemporaine et PANArt exprime ainsi clairement sa philosophie.

 

Au fil du temps, le modèle de distribution de PANArt change également. L'atelier Suisse abandonne toute collaboration avec ses revendeurs internationaux dès 2004. Il faut donc se rendre à la Hanghaus (la maison du Hang) pour acquérir un instrument. Le festival annuel qui avait lieu chez PANArt est suspendu. C'est pourtant pendant ces années là que la demande pour le Hang explose. Et sans site web ni représentation lors des rassemblements émergents de la communauté du Hang (le HangOut UK au Royaume-Uni dès 2008) l'absence de PANArt se fait sentir. C'est alors que plusieurs se lancent eux-mêmes dans la fabrication du « handpan », un nouveau terme générique introduit en 2007 par Kyle Cox de l'atelier Pantheon Steel. C'est finalement en 2013 que PANArt annonce avoir officiellement arrêté la fabrication du Hang.

 

On peut s'interroger sur les raisons qui ont mené PANArt à renoncer au Hang et à son succès. Le Gubal, l'instrument qui succède au Hang, nous apporte peut-être une réponse. Avec le Hang on se sent monter au ciel alors que le Gubal nous fait garder les pieds sur terre. 

 

Si une chose est sure, c'est que le Gubal ne suscitera pas autant d'intérêt que le Hang. Mais après tout... peut-être que c'est là le but! En ce qui concerne PANArt, l'atelier Suisse continue de créer et d'innover. Et bien que la page du Hang soit tournée, le handpan quant à lui connait une croissance fulgurante. Que l'on adhère à la mentalité de PANArt ou non, Felix et Sabina resteront à jamais à l'origine du handpan.

 


Quel est votre ressenti envers le Hang de PANArt? Avez-vous découvert le handpan à travers l'invention Suisse ou ailleurs? Au plaisir d'en savoir plus sur votre cheminement dans les commentaires.

 

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